Au loin, les forces de l'ordre.
Depuis le début de l'an 2000, l'Etat israélien a détruit près de 1000 maisons palestiniennes à Jérusalem-Est. Il justifie ces actes par des imbroglios administratifs ou évoquant le fait que ces habitations ont été construites illégalement. Or, si ces dernières sont souvent « illégales », c'est bien parce que les Palestiniens rencontrent des nombreuses difficultés (financières et administratives) pour obtenir des permis de construire. Selon un nouveau rapport de l'OCHA, seul 13% de Jérusalem-Est a été déclaré constructible pour les Palestiniens.
« Auto-démolitions », prison, expulsions
On peut reprocher beaucoup de choses à l'autorité israélienne, mais en tout cas pas le fait de manquer d'imagination lorsqu'il s'agit d'étouffer la médiatisation des scènes de démolitions. La nouvelle tendance : obliger certaines familles à détruire elles-mêmes, (totalement ou partiellement), leur maison. De cette façon, on évite la venue remarquée des équipes de démolisseurs et de la police israélienne et par conséquent, la foule d'internationaux et médias des quatre coins du monde.
Pour ceux qui ne voudraient pas se plier à ces ordres « d'auto-démolitions », une amende de plusieurs milliers de shekels (pouvant aller de 8'000 à 20'000 francs suisses) est prévue. Cas échéant, faute de moyens, un membre de la famille (en général le père) passera par la case prison, pour ... « amende non payée ». La municipalité, elle, se chargera alors de faire tomber les murs du bâtiment.
A ces menaces de démolitions s'ajoutent celles d'être expulsés de son logis par des colons, désireux de l'occuper. A Sheik Jarrah, des familles sont donc tout simplement jetées à la rue. Elles vivent, pour certaines d'entre elles, dans des tentes de fortunes (qui sont parfois détruites par les colons des environs ou la police israélienne). D'autres, squattent chez un voisin. Un voisin qui, lui aussi, n'est pas exempt de devoir quitter un jour sa demeure.
Des appels à la résistance
Face à ces drames, des manifestations ont lieu tous les vendredis, tout proche de Sheikh Jarrah (les forces de l'ordre ne permettant pas de s'approcher du lieu en question). A ces occasions, des Palestiniens, des Internationaux mais surtout des Israéliens conscients de la politique de colonisation de leur gouvernement viennent crier et chanter, ensemble, leur indignation.
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