Houria
Les gens du bled racontent qu'on leur a "coupé les jambes". Debout, bien droits sur leurs deux gambettes, ils sont devenus des culs-de-jatte malgré eux.
Billes-de-flipper-cherchent-sortie-désespérément. Ces abandonnés aux petites absences, ces esclaves des enclaves, se heurtent aux murs visibles ou sournois. Ils ne sont plus dépositaires de leurs sorts.
Dans une poudrière déjà en mille morceaux, on finit parfois par répondre avec des lance-pierres. Sans le savoir, les discours nietzschéens refont surface : "être libre c'est être capable de résister", scandent certains. Houria rira bien qui rira le dernier...Pourtant, au sprint final, les meilleurs coureurs arrivent rarement à dépasser les balles. A ce jeu-là, il n'y a de toute façon jamais de vainqueur.
Si on ne naît pas libre...le devient-on?
Houria (signifiant en arabe Liberté). Sur un toit, Jayyous 2010.
Maramia
Elle a ses racines dans les collines de Cisjordanie et n'hésite pas à faire un pied de nez à la zone C, sous mainmise israélienne, en y poussant sans autorisation. Ses feuilles, elles, flottent dans toutes les théières. Comme les invitations pour un "Shay" sont plus que fréquentes en Palestine, son doux goût est devenu très vite un bon pote de mes papilles. A travers la maramia, on trouve une sorte de résumé du peuple palestinien : résistant et généreux. Pendant plusieurs semaines, j'ai appelé cette plante "Falamya" (qui est en réalité le nom d'une "agricultural gate" du Mur), ce qui a bien fait rire Mohamed, un épicier de Jayyous qui rêve de se remarier avec une Finlandaise. Puis, on m'a appris que ce bout de verdure n'était rien d'autre que de la sauge. Moi qui croyais avoir découvert un buisson exotique, ça m'a foutu un coup...
But...MaraMia, Here I go again, My my, how can I resist you?
oui tu as avec merveille bien décrit cette petite plante avec un gout de reviens-y!! merci pour ton blog, tu écris parfaitement bien!! bisous a dans deux jours!!! hannah
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